À l'occasion des Assises, la Villa Gillet a demandé à chaque écrivain invité de choisir (ou d'inventer) un mot et d'en doner une définition. Le
tout a été édité (Lexique Nomade, collection "Énonciations", édition Bourgois et vachement bien et pas cher).
Keret a choisi le mot yiddish "balagan" qu'il traduit poliment par "gabegie totale", mais dont la définition serait plutôt à chercher du
côté du bordel le plus débridé et le plus salvateur, mettons un principe de désorganisation qui porte en lui une énergie réelle, preuve de la liberté humaine, écrit-il, à l'œuvre dans l'hébreu
comme dans le yiddish.
Autre origine possible du mot, pas incompatible avec la première : balagan en russe signifie "baraque de foire" et ce mot a donné naissance à un verbe qui veut dire
"faire le pitre". Faire le pitre, c'est comme gérer harmonieusement le balagan habituel, c'est épuisant et nécessaire et fondamentalement du côté du mouvement, de la vie, de la
dépense, pas loin de l'univers de Kusturica.
Tout ça donc, éminemment rassurant puisque cela revient à ça, balagan every morning et deux fois le dimanche.
Par franck belpois
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